Eléments sur la création d’un rucher

1- L’emplacement du rucher

Le rucher doit être installé sur un terrain ensoleillé et si possible protégé du vent.
Choisir un emplacement sec (si possible en coteaux) et à l’abri des courants d ‘air et vents du nord.
Si possible orienter les entrées de ruche à l’Est ou au Sud-Est

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Bien choisir l’emplacement et l’orientation

Un point d’eau naturel ou artificiel doit être présent à proximité
Le rucher doit être signalé (panneau avec numéro de l’apiculteur)
Le rucher doit avoir accès à une importante ressource de fleurs, arbres et espaces naturels mellifères.
Les risques de contamination par des pesticides pouvant être épandus à proximité doivent être étudiès.
C’est le code rural (art 206 et 207, chapitre II) qui fixe les distances d’installation des ruches par rapport aux voies et aux maisons d’habitation (article 216-11).
Attention ces distances peuvent être modifiées par arrêté préfectoral ou municipal motivé selon le département ou la commune où vous habitez.
En général la distance d’une voie publique ou d’une propriété privée est de 20 mètres. Ces distances sont abolies si les ruches sont isolées selon les consignes précisées article 211-17, en particulier si le rucher est entouré s’un obstacle continu (mur, haie vive, palissade) d’au moins deux mètres de haut.
Votre rucher doit être déclaré (voir§ « obligations déclaratives »).
Vous devez être assuré car vous êtes pleinement responsable des dégâts éventuels causés par vos abeilles.
Le registre d’élevage est obligatoire pour tous ceux qui commercialisent du miel. Ce registre contient vos coordonnées et els interventions effectuées avec leur date.
L’emplacement de vos ruche doit être tel que vous importunez le moins possible vos voisins : vous devez également éviter les maladresses au rucher et tenir compte des conditions climatiques auxquelles les abeilles sont très sensibles.

2- La ruche par elle-même

La ruche est la demeure des abeilles !
La ruche en bois est le choix le plus simple.
Les modèles de ruches sont très nombreux, les modèles Dadant et Langstroth sont les plus connus et utilisés.

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Ruche Dadant
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Ruche Langstroth

La ruche comprend un plateau ou fonds de ruche, dé préférence grillagé ou ajouré, un corps de ruche qui loge le nid à couvain, un couvre cadre avec éventuellement un nourrisseur, un toit.
Privilégier une protection de la ruche par des produits qui la laissent « respirer » (thermopeint, cire microcristalline….)
Les abeilles supportent assez bien le froid mais assez mal l’humidité intérieure de la ruche qui doivent être inclinées sur l’avant afin d’éliminer l’eau de condensation qui peut s’accumuler au fond si la ventilation est insuffisante.
Opter pour un plateau grillagé avec possibilité d’occulter l’ouverture aux périodes les plus froides
Il ne faut pas poser les ruches à même le sol : prévoir un support métallique ou en bois (palettes) ou des moellons.

3- Comment aborder une ruche et ouverture d’une ruche

Observation attentive, Méthode, calme et précision sont les mots clé.
Observer d’abord ce qui se passe à la planche d’envol
Enfumer modérément au trou de vol, sans exagérer.
Eviter de se mettre devant la planche d’envol.
Enfumer modérément sous le couvre cadre et laisser reposer la ruche une minute.
Ouvrir seulement alors et observer.
Enfumer si besoin à nouveau mais à petites goulées rasantes sur les têtes de cadres.
Manipuler les cadres en douceur en commençant par les cadres de rives.
Manipuler si possible au-dessus de la ruche afin d’éviter de perdre la reine qui peut tomber dans l’herbe.
Si besoin poser les cadres hors de la ruche dans le toit posé à l’envers en appuyant la partie supérieure des cadres contre la ruche.
Au moment de la remise en place des cadres les remettre dans le même ordre dans la ruche.
Dans tous les cas il faut garder son calme et être prêt à refermer la ruche si un incident imprévu intervenait. Plus la situation est compliquée ou difficile, plus il faut rester « zen ».
Etre précis dans les mouvements et éviter absolument de taper brusquement les outils, les cadres.
Rester doux.

4- Visite d’une ruche

Ouvrir si possible par temps calme après avoir préparé l’enfumoir. Le toit de la ruche est ôté sans heurt. Il faut être calme. Décoller le couvre cadre avec le lève cadre et enfumer modérément dessous. Attendre quelques instants puis ôter le couvre cadre.
Enfumer les cadres avec des jets rasants de fumée. Décoller le cadre dit de rive (premier cadre contre la paroi latérale de la ruche). Redonner de la fumée de temps en temps. Chaque cadre peut alors être sorti doucement, en le soulevant. L’inspection se fait cadre par cadre qu’il faut s’efforcer de remettre en place au même endroit et dans le même sens. Pour inspecter les cadres se mettre le dos au soleil. Les mouvements doivent être extrêmement doux. Eviter les chocs et les vibrations.
Une bonne ruche doit d’abord être lourde et son poids permet d’avoir une idée sur son état sans ouvrir.
La ruche doit être active (inspection de l’activité au trou de vol). Aucune mauvaise odeur ne doit être détectée quand on passe devant la ruche. La présence de cadavres nombreux devant le trou de vol, d’abeilles traînantes sont des signes qui conduisent à suspecter un dysfonctionnement.

5- Conditions de vie et capacité d’adaptation de l’abeille

L’apiculture est un élevage très particulier puisque l’apiculteur ne s’occupe pas d’individus isolés comme des vaches, des chiens, des chèvres, des moutons…..mais de communautés dont les représentants relèvent de trois castes.
Trois castes d’abeilles se trouvent en effet dans la ruche : les ouvrières, les plus nombreuses, la reine (mère de la colonie), les mâles ou faux-bourdons plus gros et trapus, présents seulement pendant les périodes de reproduction.
La reine est « l’âme » de la colonie, c’est la seule femelle féconde de la ruche.
La colonie vit selon un cycle : la reine accélère sa ponte au printemps (jusqu’à 2000 œufs pondus quotidiennement). Le nombre d’abeille augmente alors beaucoup à la fois pour nourrir la colonie et pour constituer des réserves pour l’hiver suivant. Les mâles apparaissent au printemps. Lorsque la ruche est très peuplée le nid à couvain devient encombré (« crise du logement ») et les ouvrières construisent des cellules royales dans lesquelles la reine pond un œuf normal qui fera l’objet d’un traitement particulier qui conduira à en faire une reine. La vielle reine quitte alors la ruche avec une partie de la colonie : c’est l’essaimage. L’essaim se suspend quelques heures près de la ruche puis migre vers un nouveau nid. Dans la ruche d’origine, une des jeunes reine, après son vol de fécondation, se met à pondre. Il peut se produire plusieurs essaimages successifs avec des essaims secondaires, tertiaires qui affaiblissent considérablement la colonie de départ.
La ponte ralentit progressivement dès le milieu de l’été et se réduit ou cesse en hiver. Les abeilles forment alors une grappe maintenue à température grâce à la consommation de miel emmagasinée lors de la période précédente. Les mâles sont chassés de la ruche et meurent dès la fin de l’été.
10 000 abeilles pèsent à peu près un kilo. En pesant une colonie on peut estimer sa force.
La fécondité de la reine est loin d‘être éternelle. Elle est à son maximum la deuxième année puis diminue peu à peu à partir de la troisième pour devenir généralement déficiente la quatrième année (ou avant).
La phéromone est le constituant de la substance royale. Il s’agit d’une sécrétion de la glande mandibulaire de la reine. Si les abeilles ne sont pas convenablement ravitaillées en phéromone, des cellules royales sont construites.
La reine vierge a l’abdomen long et étroit alors que la reine féconde a l’abdomen gonflé. A mesure qu’elle vieillit la reine se déplace plus lentement et elle perd progressivement ses poils. Ses ailes se « frangent » sa ponte est moins homogène et composée de d’avantage de mâles.
Les reines déclinantes conduisent à des ruches bourdonneuses qui ne donnent naissance qu’à des faux-bourdons qui naissent à partir d’œufs non fécondés.
Pour l’apiculteur il est donc très important de ne conserver que des reines jeunes, seules susceptibles d’entretenir une colonie prospère.
Les vielles abeilles ont un corps plus lisse : les poils sont usés par frottement. Leurs ailes sont écartées du corps (abdomen) alors que celles des plus jeunes sont plus « ajustées » au corps.
La fécondation de la reine se fait dans des lieux de concentrations de mâles, toujours les mêmes d’années en années et qui rassemblent des mâles de plusieurs colonies et de plusieurs ruchers. Ces lieux de rassemblement, situés à une centaine de mètres d’altitude, peuvent contenir jusqu’à 25 000 mâles. La reine est fécondée par plusieurs mâles.
Les ouvrières peuvent pondre mais ne peuvent pas être fécondées. Les œufs qu’elles produisent ne peuvent donc donner que des mâles. En effet chez l’abeille le mâle est haploïde : issu d’un ovule non fécondé alors que l’ouvrière et la reine sont diploïdes : œuf issu d’un ovule fécondé par un spermatozoïde. Après fécondation la reine stocke les spermatozoïdes dans sa spermathèque qui peut en contenir jusqu’à 5 millions. Celle-ci contient donc un nombre très important mais limités de spermatozoïdes. Ainsi une reine peut devenir stérile et rester dans la ruche qui va devenir « bourdonneuse ». Cette ruche n’acceptera pas de nouvelle reine si l’ancienne n’est pas préalablement éliminée.
Critères à privilégier pour la sélection des reines :
* non propension à l’essaimage
* instinct de ramassage
* dynamisme
* douceur
* tenue du cadre
* résistance aux maladies et tenue du placher propre
* longueur de la langue….